Les agents pathogènes dans les eaux urbaines

   par Noémie Prévost, M.Sc

En raison des méthodes  modernes de traitement de l’eau et d’assainissement dans les pays développés, l’exposition à des agents pathogènes transmis par l’eau potable contaminée est rare. Néanmoins, lorsque l’eau de surface est utilisée pour des activités récréatives telles que la natation, le kayak ou le surf, le contact avec une variété d’agents pathogènes peut se produire. Les quatre principales familles de pathogènes sont les bactéries, les virus, les protozoaires et les vers. Pour protéger la santé publique, de nombreuses réglementations ont été mises en place. Ces réglementations garantissent que les eaux de surface utilisées pour les loisirs sont conformes aux normes de qualité et de sécurité concernant les concentrations d’agents pathogènes présents dans la masse d’eau. À travers ce billet de blog, j’ai l’intention d’explorer plus en détail le monde des agents pathogènes présents dans les eaux récréatives.

Qu’est-ce que la contamination fécale?

La contamination fécale est le résultat de la présence de matières fécales humaines ou animales dans les eaux de surface, généralement après de fortes pluies.

  • Pour la contamination fécale d’origine humaine, les débordements d’eaux usées provenant des systèmes combinés d’eaux pluviales et d’égouts sont la principale source dans les zones urbaines.
  • Pour la contamination fécale d’origine animale, le ruissellement agricole atteignant les eaux de surface à la suite d’une forte pluie est une source clé, ainsi que la présence d’oiseaux aquatiques.

 

Lors de la contamination fécale, les agents pathogènes entériques sont présents en fortes concentrations dans l’eau. Par entérique, nous entendons la propagation par la voie fécale-orale. Un individu infecté excrète un organisme avec ses excréments, qui se retrouvent ensuite dans les eaux de surface lors des débordements. Par conséquent, lorsque l’eau est contaminée, plus nous ingérons d’eau, par exemple en nageant, plus nous sommes à risque.

Types d’agents pathogènes

Les bactéries

Les bactéries sont hébergées par une variété d’animaux et sont les plus faciles à observer car certaines peuvent être cultivées en laboratoire, où les colonies formées peuvent ensuite être comptées. Les indicateurs de qualité microbienne préférés pour les eaux de loisir sont (1) E. coli pour l’eau douce et (2) Enterococcus pour l’eau de mer. Ils sont tous deux utilisés comme indicateurs de contamination fécale car ils sont faciles à cultiver et sont peu coûteux à tester. D’autres bactéries associées à la contamination fécale sont Salmonella, Shigella et Vibrio Cholerae.

Les virus

Compte tenu de leur petite taille, les virus ne peuvent être observés qu’au microscope électronique. Il existe plus de 140 types de virus entériques humains, dont beaucoup sont hébergés uniquement par les humains. Puisqu’ils sont très difficiles à détecter, on pense que l’importance des virus d’origine hydrique a été historiquement sous-estimée. Les virus entériques parmis les plus courants sont les entérovirus, les norovirus, les rotavirus et le virus de l’hépatite A.

Les protozoaires

Les protozoaires sont légèrement plus gros que les bactéries et sont visibles au microscope. Ce sont des organismes unicellulaires et bien que certains ont des traits de comportement trouvés chez les animaux; comme se déplacer et se nourrir de proies, les protozoaires ne sont pas classés comme des animaux. De nombreux parasites protozoaires sont hébergés par une grande variété d’animaux. Quelques protozoaires entériques préoccupants comprennent Giardia, qui cause la “fièvre du castor”, et Cryptosporidium.

Les vers (helminthes)

Les helminthes, communément appelés vers, représentent un lourd fardeau de maladies dans les régions dépourvues d’installations sanitaires. Un seul membre de cette famille est endémique dans les eaux de surface nord-américaines. Il est appelé Schistosoma et provoque la dermatite du baigneur. Fait intéressant, dans ce cas, la condition est une réaction allergique à la pénétration cutanée du stade larvaire des vers. De plus, il n’est pas associé à une contamination fécale, mais plutôt à la présence d’escargots et d’oiseaux aquatiques dans les eaux à faible débit. De nombreuses infections par les helminthes chez l’humain nécessitent des hôtes animaux intermédiaires. Les infections ont tendance à être transmises par des sols et des aliments contaminés.

En fin de compte, de nombreux agents pathogènes se trouvent dans les eaux récréatives, mais la grande question est de savoir quand l’eau doit-elle être considérée comme sécuritaire? En général, on suppose que lorsque les niveaux d’une bactérie indicatrice fécale telle que E. coli sont élevés, de nombreux autres agents pathogènes entériques seront présents. Bien que les études tentant d’établir des relations proportionnelles directes entre les indicateurs et d’autres agents pathogènes n’aient pas toujours été concluantes, il existe des preuves solides liant des niveaux élevés de bactéries indicatrices fécales à des excès de maladies gastro-intestinales. En conséquence, bien que s’appuyer sur ces indicateurs ne nous donnera pas une représentation précise des concentrations de chacun des pathogènes dans l’eau, c’est un outil pratique qui a fait ses preuves.

     

    Sources https://onlinelibrary.wiley.com/doi/book/10.1002/9780470518328

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